Notre-Dame de Guadalupe

Notre-Dame de Guadalupe est visitée chaque année par a peu pres 20 millions de pelerins qui, par la foi ou la curiosité, veulent connaître le phénomene d’une Vierge Miraculeuse. Elle est considérée la patronne du Mexique y une figure tres importante dans la formation et consolidation de la culture latino-américaine.

Nous nous dirigeons a la place devant la Nouvelle Basilique, d’ou nous voyons la colline de Tepeyac. Selon la légende, c’était ici que la Sainte Marie fit ses apparitions en 1531. La premiere date du 9 décembre ; Juan Diego Cuauhtlatoatzin, un indigene récemment baptisé qu’elle choisit pour transmettre ses messages, écouta la pétition destinée a l’éveque de faire construire une église sur Tepeyac. Marie répeta ses visites encore 3 fois et finit par donner une preuve a l’éveque qui douta : elle demanda a Juan de recueillir les fleurs trouvées au sommet et d’en remplir son manteau – tilma. Quand Juan ouvrit le manteau devant l’éveque, ils virent une image de Marie imprimée sur la toile. On lui dédia un sanctuaire, puis une église, et le pape Jean-Paul II la déclara patronne des Amériques.

Beaucoup de spéculations et d’hypotheses circulent autour de cette peinture. Certaines recherches et observations semblent prouver sa provenance miraculeuse. Premierement, apres pres de cinq siecles, la toile se conserve parfaitement pendant que ce type de matériel (fibres de cactus) devrait se détériorer en tres peu d’années. En XVIIIeme siecle, des spécialistes firent une copie sur le meme type de tissu et la peinture se vit détruite en huit années. En XXeme siecle, plusieurs spécialistes examinerent cet ouvre d’art. Le chimiste Richard Kuhn, en 1936, analysa le tissu sans y trouver des traces de couleur. Le photographe José Carlos Salinas Chavez constata, en 1951, que les yeux de Marie, fortement agrandis, refletent le visage de Juan Diego. Enfin, en 1977, l’ingénieur José Aste Tonsmann agrandit les photographies de la Vierge Marie 2500 fois a l’aide de l’ordinateur et retrouva dans ses yeux les silhouettes de cinq personnages que l’on dit présentes durant l’ouverture de la tilma devant l’éveque. En 1979, Philip Serna Callahan fit des photographies infrarouges en tirant des conclusions que l’image de Marie n’était pas peinte mais imprimée sur les fibres du tissu et que le manteau conservait, sans aucune explication logique, la température du corps humain.

D’autre côté, plusieurs études nient l’existence d’un miracle. En 1956, on prouva que la figure fut peinte par un artiste indien, possiblement un azteque Marcos Cipac d’Aquino. Une autre étude récente révéla que le tissu serait fait de lin, ce qui rendrait plus probable une bonne conservation du matériel. En 1982, José Sol Rosales, en analysant le tilma sous un microscope, confirma que les pigments le colorant étaient déja connus et utilisés au XVIeme siecle. Puis, les traits techniques de la représentation de la Vierge révelent des similarités avec des modeles de l’art figuratif de cette époque en Espagne. Enfin, l’existence de Juan Diego est fortement doutée, meme par d’importants dignitaires de l’Eglise catholique que, durant la canonisation du personnage par Jean Paul II, exprimaient publiquement son point de vue.

Guadalupe constitue un curieux mariage des traditions chrétienne et indigene. Les Azteques virent en elle une incarnation de Tonantzin, une déesse mere, patronne de la Terre et de la nourriture. Elle pouvait etre tres utile en conversion des Indiens a la foi des conquistadors. La Vierge elle-meme paraît une femme métisse, ce que l’approche aux Mexicains. Le symbolisme contenu dans son nom en ferait la vainqueuse de Quetzalcoatl ou « Serpent aux Plumes », et plus précisément, l’étymologie viendrait de « Coatlaxopeuh » qui signifie « qui écrase la tete du serpent ».